Protéger le corridor de Zangezur et préserver les frontières de l’Arménie : préalables essentiels aux pourparlers de paix.

Depuis plus de 30 ans, le Nagorny-Karabakh, région majoritairement arménienne, est en proie à un conflit sans fin avec l’Azerbaïdjan. En 1991, l’Arménie a remporté une guerre contre l’Azerbaïdjan, occupant la région autonome du Karabakh. Mais les choses ont radicalement changé avec les défaites de 2020 et la récente “guerre d’un jour”.

Le 10 novembre 2020, un cessez-le-feu négocié par Vladimir Poutine a mis fin à la “guerre de 44 jours”, également connue sous le nom de deuxième guerre du Karabakh. Lors de la première guerre dans les années 1990, les Arméniens avaient remporté la victoire. Cependant, lors de la deuxième guerre, l’Azerbaïdjan a repris le contrôle de l’enclave ainsi que des deux tiers du territoire, remportant une victoire sans équivoque.

L’accord de cessez-le-feu prévoyait une communication entre l’Arménie et le Karabakh par le corridor de Lachin, ainsi qu’entre l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan, une enclave adjacente à l’Arménie et à la Turquie. Cela aurait établi une connexion terrestre directe entre l’Azerbaïdjan et la Turquie.

Malgré la présence des forces de maintien de la paix russes le long du corridor de Lachin, l’Azerbaïdjan a violé les termes du cessez-le-feu en imposant un blocus et en coupant toute circulation. Pendant neuf mois, le Karabakh a été complètement isolé de l’Arménie, son seul lien avec le monde extérieur. Quelques jours seulement avant l’attaque du 20 septembre, l’Azerbaïdjan a prétendument ouvert une route pour fournir une aide humanitaire, mais probablement avec des intentions militaires.

Le 20 septembre, l’Azerbaïdjan a lancé une attaque brutale sur Stepanakert et ses environs, violant ouvertement le cessez-le-feu de 2020. En moins de 24 heures, les autorités du Nagorny-Karabakh ont été contraintes d’accepter un désarmement total.

Des milliers d’Arméniens ont fui vers l’Arménie, profitant de la seule route ouverte par Bakou.

Le Premier ministre arménien accuse l’Azerbaïdjan de nettoyage ethnique et prédit la disparition prochaine des Arméniens de l’enclave. Les autorités confirment une augmentation des réfugiés, entraînant une baisse significative de la population du Nagorny-Karabakh.

L’attaque de l’Azerbaïdjan contre le Nagorny-Karabakh s’est produite sans aucune intervention de Moscou. Les 2000 soldats de maintien de la paix russes stationnés entre les deux pays depuis le cessez-le-feu de 2020 n’ont pas réussi (ou pas souhaite…) à garantir la sécurité des Arméniens dans l’enclave. Les Azerbaïdjanais ont répété leurs menaces et leurs attaques en toute impunité.

Le président russe Vladimir Poutine a un objectif stratégique spécifique de provoquer des troubles en Arménie et de renverser le gouvernement de Pashinyan, qui cherche à obtenir l’indépendance de l’influence russe. Poutine méprise Nikol Pashinyan, qui s’est éloigné des dirigeants arméniens pro-russes. Le Kremlin préfère un nouveau régime en Arménie amical envers Moscou.

La nécessité de soutenir l’adhésion de l’Arménie à l’UE face à l’invasion de l’Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh

L’invasion du Nagorno-Karabakh par l’Azerbaïdjan est un appel urgent à l’Occident de se solidariser avec la volonté de l’Arménie de rejoindre l’Union européenne.

La récente victoire de l’Azerbaïdjan offre une possibilité de résolution du conflit, mais soulève également des questions sur la justice envers le peuple qui a historiquement habité cette terre et subi un génocide non reconnu.

De plus, un accord turco-azerbaïdjanais pourrait déstabiliser la région et menacer les frontières de l’Arménie.

L’importance de l’Arménie ne se termine pas avec la victoire de l’Azerbaïdjan, car le président Ilham Aliyev cherche maintenant à contrôler les points d’entrée et de sortie à Bakou, bloquant ainsi la frontière entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.

Le soutien de l’Occident à l’Arménie garantit non seulement l’indépendance du Nagorno-Karabakh, mais défend également les frontières de l’Arménie elle-même.

L’intégration de l’Arménie dans des institutions de premier plan démontre l’engagement de l’Occident envers les valeurs de démocratie et de stabilité dans la région.

Ne pas soutenir l’Arménie risque de compromettre la démocratie non seulement dans la région, mais aussi au-delà.

Dans ces circonstances, il est impératif que les États-Unis, la France, l’Allemagne et le reste de l’Occident soutiennent la demande d’adhésion de l’Arménie à l’UE pour garantir les frontières de l’Arménie, les droits de son peuple et promouvoir la démocratie et la stabilité dans la région.

Promouvoir la paix et la sécurité régionales : des actions politiques urgentes sont nécessaires

Pour garantir la paix et la sécurité régionales, il est crucial de prendre des mesures politiques claires et efficaces à court et moyen termes.

Il est impératif de mettre fin immédiatement aux ventes d’armes à Bakou et de faire face à la crise humanitaire. Plusieurs options politiques sont disponibles, certaines nécessitant une coopération minimale avec la Russie ou l’Iran. Par exemple, soutenir une mission de surveillance dirigée par un pays neutre pour faire respecter la loi azerbaïdjanaise au Nagorny-Karabakh. De plus, il est essentiel de persuader Erdogan et Aliyev de cesser de discuter de la souveraineté du corridor.

D’autres options reposent uniquement sur l’Occident, notamment la mise en œuvre d’un plan de soutien à l’Azerbaïdjan pour accueillir les réfugiés et la reconnaissance de la candidature de l’Arménie à l’Union européenne.

Ces mesures serviront de compensation morale pour les souffrances et les défaites endurées, et promouvront nos valeurs et références politiques communes.

Protéger le corridor de Zangezur et préserver les frontières de l’Arménie : préalables essentiels aux pourparlers de paix.

Réunis récemment à Bruxelles, des représentants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont exprimé leur optimisme quant à la signature d’un traité de paix bilatéral. Le prochain sommet de la Communauté Politique Européenne à Grenade offre une opportunité de progresser davantage, avec la participation des leaders des nations impliquées. Le principal défi demeure dans la reconnaissance des frontières internationales par les deux pays. Il est crucial que Bakou et Erevan parviennent à un accord précis sur la délimitation de ces frontières, car la frontière héritée de l’ère soviétique est sujette à ambiguïté et contestation.

La situation du “corridor de Zangezur”, une région qui relie l’Azerbaïdjan à son exclave, le Nakhitchevan, est particulièrement préoccupante. Les Arméniens craignent que l’Azerbaïdjan puisse prendre le contrôle de cette zone, reliant ainsi ses territoires et créant un passage vers la Turquie. La visite récente du président turc Erdogan à Nakhitchevan, où il a rencontré son homologue Ilham Aliyev, a accru ces inquiétudes.

Jusqu’à présent, il n’y a aucune indication que Bakou ait l’intention de prendre le contrôle du corridor par la force. L’Azerbaïdjan cherche à garantir un mouvement fluide le long de la route contiguë à la rivière Araxe, conformément à l’accord de cessez-le-feu de novembre 2020. Cependant, l’implication de la Russie et de l’Iran complique la situation.

Les gardes-frontières russes du FSB contrôlent actuellement les frontières de l’Arménie avec l’Iran et la Turquie, jouant ainsi un rôle crucial dans cette région. De son côté, l’Iran souhaite maintenir son accès terrestre à l’Arménie en passant par cette région, mais selon une orientation nord-sud. Si aucun accord n’est trouvé avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan envisage de demander à Téhéran l’autorisation d’établir un itinéraire le long de la rive sud de la rivière Araxe, sur le territoire iranien.

Les dessous complexes du jeu politique du pouvoir: les agendas cachés

La Russie, en tant que garant officiel du cessez-le-feu, semble avoir détourné son attention vers le conflit en Ukraine, laissant l’Azerbaïdjan bénéficier du soutien de la Turquie. Un développement notable est la récente déclaration d’Erdogan selon laquelle la Crimée ne retournerait jamais à l’Ukraine, ce qui pourrait être considéré comme une compensation pour l’inaction de la Russie dans le conflit du Karabakh. Il est clair qu’Aliyev n’aurait pas agi sans l’approbation d’Erdogan. Avec ses ressources pétrolières abondantes et une armée bien équipée, l’Azerbaïdjan avait un avantage militaire considérable sur le Karabakh.

C’est un jeu diplomatique complexe avec de nombreux enjeux. Israël, poussé par la crainte de l’Iran, a un intérêt direct à maintenir des liens étroits avec l’Azerbaïdjan, qui entretient des tensions avec l’Iran en raison de revendications sur l’Azerbaïdjan iranien. D’un autre côté, l’Iran nourrit une hostilité envers l’OTAN, dont la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan, est membre.

Au milieu de ces manœuvres politiques, les habitants des régions arméniennes du Karabakh se retrouvent pris entre deux feux. Ils risquent bientôt d’être déplacés de leurs terres, car les autorités azerbaïdjanaises continuent de les intimider et de les expulser. Le blocus du corridor de Lachin en est un exemple flagrant, où les résidents du Karabakh ont été laissés sans nourriture.

Maintenant que l’Azerbaïdjan a pris le contrôle total de la région, il semble de plus en plus improbable de vivre en sécurité en tant qu’Arméniens au Karabakh. La menace imminente d’un exode massif rappelle les moments les plus sombres de l’histoire arménienne, tels que le massacre de Sumgait commis par les Azerbaïdjanais en 1988.

Le régime actuel en Azerbaïdjan, qui est au pouvoir depuis l’époque soviétique, est indéniablement autocratique et loin d’être démocratique. La dissidence est réprimée et le Karabakh se voit refuser toute forme d’autonomie, même s’il est passé sous contrôle azerbaïdjanais pendant l’époque soviétique et a bénéficié d’un statut autonome au sein de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan.

Aux yeux des Azerbaïdjanais, ils sont les “frères des Turcs”, sans place pour les Arméniens dans leur vision. Bakou et Ankara nient tous deux officiellement le génocide arménien de 1915, affirmant ainsi que les Arméniens ne peuvent espérer aucune considération des positions actuelles au pouvoir.

Il serait naïf de prendre les déclarations des responsables de Bakou pour argent comptant, compte tenu de leurs violations précédentes du cessez-le-feu de 2020 sans aucun remords.

En résumé, nous sommes confrontés à une situation qui rappelle celle d’il y a un siècle, lorsque l’Arménie était prise en étau entre la Turquie de Mustafa Kemal et l’URSS. Cependant, sans URSS pour les protéger et avec une Russie peu susceptible d’intervenir en raison de l’absence de continuité territoriale avec l’Arménie, les Arméniens se retrouvent vulnérables, exposés aux jeux de pouvoir qui se déroulent autour d’eux.

Il est donc crucial de suivre attentivement l’évolution de cette situation et de soutenir les efforts visant à préserver la paix et la sécurité dans la région.

L’avenir de l’Arménie en jeu : une situation précaire

L’Arménie est confrontée à une situation critique alors que l’Azerbaïdjan et la Turquie envisagent de s’étendre à travers son territoire méridional. Cette alliance expose l’Arménie à des risques majeurs, menaçant ses terres et pouvant causer un désastre pour le pays. Toutefois, l’Iran semble déterminé à empêcher cela dans le but de maintenir une frontière commune avec l’Arménie. La situation est tendue et une explosion imminente est tout à fait envisageable.

Dans cette affaire, les actions des puissances régionales seront décisives alors que les influences européennes et américaines jouent un rôle limité. L’Iran est opposé à l’Azerbaïdjan, tandis que la Russie, craignant de froisser l’Azerbaïdjan ou la Turquie, soutient pleinement ce dernier. Cette préférence de la Russie pour Bakou est principalement liée aux ressources pétrolières abondantes de l’Azerbaïdjan.

Une fois de plus, l’Arménie se retrouve seule dans cette situation géopolitique complexe. Elle se sent abandonnée par son allié russe, et en réponse, Erevan a pris des décisions qui sont perçues comme “hostiles” par Moscou, car elles compromettent la position du président russe Vladimir Poutine, qui fait face à un mandat pour crimes de guerre. Le Kremlin, par la voix de son porte-parole Dmitry Peskov, considère ces décisions comme incroyablement hostiles et exprime l’espoir qu’elles n’altéreront pas les relations bilatérales. Il souligne que la Russie ne reconnaît pas et ne ratifie pas le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Au-delà des considérations politiques, l’Arménie est profondément préoccupée par la préservation de son intégrité territoriale. Les Arméniens redoutent que la victoire de l’Azerbaïdjan dans le Nagorny Karabakh ne soit qu’un prélude à une attaque contre l’ensemble du pays. Bakou ne cache pas son désir d’acquérir la région de Syunik, située au sud de l’Arménie, afin d’établir un corridor reliant l’enclave azerbaïdjanaise de Nakhitchevan au reste du pays, et ultimement à la Turquie. Cette initiative s’inscrit dans l’ambition du président Ilham Aliyev de créer un “monde turc” s’étendant de la Méditerranée à la mer Caspienne, un rêve partagé par son allié, le président Erdogan. Ilham Aliyev qualifie déjà l’Arménie de “Azerbaïdjan occidental”. Par conséquent, il est peu probable que l’Azerbaïdjan, soutenu par son accord gazier avec l’Union européenne et une alliance solide avec la Turquie, renonce à ses aspirations expansionnistes au détriment de l’Arménie, qui en subirait les conséquences.

La menace d’un conflit réel entre les nations plane sur l’Arménie.

Par ailleurs, si le soutien international reste aussi faible qu’il l’était pendant le conflit du Nagorny Karabakh, l’Arménie a toutes les raisons de s’inquiéter.

Des régions voisines convoitent les terres précieuses de l’Arménie

L’Azerbaïdjan s’oppose farouchement à la présence des Arméniens dans ces territoires. Contrôler Syunik, une région très riche en eau et en minéraux, donnerait à l’Azerbaïdjan le pouvoir de contrôler la frontière Iran-Arménie, un enjeu essentiel pour l’économie arménienne. Pour sa part, l’Arménie dispose d’une grande variété de minéraux non métalliques, notamment le tuf, les zéolites et le marbre, ainsi que des ressources minérales importantes telles que le ciment et le calcaire.

En divisant l’Arménie, Aliyev poursuit l’objectif des stratèges turcs de créer une unité territoriale entre l’Azerbaïdjan, la Turquie et tous les peuples turcs, s’étendant de la mer Noire jusqu’en Chine. Une telle stratégie suggère que les “Turcs” ont des ambitions bien plus vastes que la simple récupération du Haut-Karabakh.

La Tragédie du Génocide : Russie, Turquie et Atrocités Silencieuses

Il est temps d’agir face à cet épisode génocidaire qui se déroule sous nos yeux en Europe et auquel nous assistons impuissants. Le peuple arménien, qui a appelé cette terre chez lui pendant plus de 3 000 ans, est aujourd’hui en train d’être dépouillé de sa population. Ce n’est pas simplement un nettoyage ethnique, c’est un véritable génocide, comme les experts l’ont averti depuis des mois. Et pourtant, aucune présence internationale, aucun observateur des Nations Unies n’est sur place, en raison de l’ingérence de l’Azerbaïdjan. Des preuves choquantes d’atrocités horribles, telles que des décapitations et des démembrements, inondent les réseaux sociaux azerbaïdjanais. Les Arméniens du Haut-Karabakh sont en grave danger.

Malheureusement, ce n’est pas la première fois que les Arméniens subissent de tels crimes. Ils ont déjà été victimes d’un génocide en 1915 et, aujourd’hui, un siècle plus tard, nous sommes toujours incapables d’empêcher de nouveaux crimes et nettoyages ethniques similaires. L’Azerbaïdjan, malgré l’utilisation d’armes interdites comme les bombes au phosphore et les munitions à sous-munitions, n’est pas tenu pour responsable de son agression en 2020. Il est grand temps que les puissances occidentales tirent les leçons des erreurs passées et prennent des mesures fermes pour mettre fin à ces atrocités répétées.

La communauté internationale doit défendre ses valeurs et ses principes avec force. À quoi servent les organisations internationales si nous ne prenons pas des mesures concrètes contre les autocrates ?

Nous devons être attentifs aux autocrates qui révèlent ouvertement leurs intentions. Ilham Aliyev a clairement affirmé son objectif de prendre Yerevan, la capitale de l’Arménie, et de chasser les Arméniens du Haut-Karabakh. Nous ne pouvons pas ignorer ces déclarations et nous devons y faire front. La justice et la solidarité internationale doivent prévaloir.

L’Union européenne et l’Arménie : les accords pétroliers nous « aveuglent-ils » face au génocide ?

L’épuration ethnique et religieuse perpétrée à l’encontre de la population chrétienne dans cette enclave continue de s’intensifier, tandis que l’Europe reste indifférente face aux violations des droits humains commises par le régime de Bakou.

Comme en témoigne sa collaboration énergétique avec Bakou en juillet 2022, pour satisfaire seulement 2% de ses besoins énergétiques, l’Europe a choisi d’ignorer les graves violations des droits humains.

Le président Ilham Aliyev a ouvertement exprimé son intention de conquérir davantage de territoire en Arménie. Il a investi dans le parrainage de grands événements sportifs tels que la Formule 1, cherchant ainsi à détourner l’attention de ses crimes.

La Turquie et la Russie : Une lutte d’influence dans le Caucase et en Asie centrale

La Turquie poursuit activement ses objectifs géostratégiques dans le Caucase et en Asie centrale, anciennement soviétique. Avec son alliance avec l’Azerbaïdjan, leur motivation provient de leur hostilité commune envers l’Arménie. La Turquie a constamment soutenu les efforts de l’Azerbaïdjan pour reprendre le contrôle du Nagorny-Karabakh.

D’un autre côté, les Arméniens éprouvent une profonde aversion envers la Turquie en raison du génocide perpétré par l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. La Turquie a toujours nié ses crimes.

En tant que puissance régionale majeure, la Russie entretient des liens plus étroits avec l’Arménie qu’avec l’Azerbaïdjan, mais elle fournit des armes aux deux pays. L’Arménie, quant à elle, se tourne vers des alliances politiques, économiques et militaires dirigées par Moscou. Alors que son ennemi plus riche augmente ses dépenses militaires, l’Arménie dépend encore davantage du soutien de la Russie.

Face à la frustration suscitée par l’indifférence ou l’incapacité de la Russie à agir dans le Nagorny-Karabakh, M. Pachinian s’est éloigné de Moscou et a même effectué des manœuvres militaires avec Washington en septembre.

Ce conflit complexe entre ces nations voisines a des implications géopolitiques et historiques profondes qui continuent de façonner la région.

Les dangers de la régionalisation d’un conflit face à la purification ethnique.

Les puissances occidentales ont jusqu’à présent évité d’imposer des sanctions à l’Azerbaïdjan dans le contexte de la guerre en Ukraine. Cependant, cette attitude soulève des inquiétudes quant aux conséquences de la victoire de l’Azerbaïdjan dans la région séparatiste arménienne pour Téhéran et ses voies commerciales vers l’Europe. Ce scénario rapprocherait dangereusement la Turquie et Israël, alliés de Bakou, des frontières iraniennes.

Cependant, il est crucial de se rappeler les souffrances continues endurées par le peuple arménien, depuis le génocide arménien de 1915 perpétré par les Turcs. Cette communauté a été victime de nombreux pogroms et massacres, notamment en 1988 à Soumgaït et en 1991 à Bakou. Suite à la dissolution de l’Union soviétique, l’Artsakh a déclaré son indépendance, mais l’Azerbaïdjan lui a retiré son autonomie, conduisant l’Arménie à intervenir pour protéger ce petit territoire.

Aujourd’hui, sous le soutien de la Turquie, Erdogan et Aliyev cherchent à anéantir l’Artsakh et à attaquer l’Arménie, alors que la Russie abandonne cette dernière, la laissant sans défense. Malgré les discours du président français Emmanuel Macron, aucune action concrète n’a encore été entreprise pour aider les Arméniens. Face à cette menace de purification ethnique et religieuse, la communauté internationale reste silencieuse.

Il est essentiel que la France et la communauté internationale prennent des mesures concrètes pour soutenir les Arméniens dans cette bataille. Si nous n’agissons pas maintenant, nous ne pourrons plus prétendre que nous ne savions pas. Les discours moralisateurs sur la scène internationale seront vains. N’oublions pas que dans l’histoire, chaque fois que nous avons manqué de courage et de dignité, le prix à payer a été énorme. Il est temps de faire preuve d’engagement et de solidarité.

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